mercredi 7 décembre 2016

R3 - Anh Nguyen (Aina Abell)

R3 : Un grand incident dans l’immeuble
            Le commissaire, Jacqueline Broussard, bidouilla avec son stylo et bloc-notes. Il était sept heures du lundi matin et le commissariat reçut un appel au sujet d’une mort suspecte dans le 19e arrondissement. Avec un démarche endormi, Broussard monta les marches de l’immeuble. Prenant une profonde inspiration, elle fixa l’entrée du regard. Quinze Rue Curial—ils étaient arrivés.
            C’était un appartement ordinaire. La porte ouvrait au grand salon avec des murs laiteux et des meubles élégants. Un piano à queue noir saillait au fond de la pièce, en exigeant l’attention. C’était là où la tragédie se passa. Assis sur la banquette de piano, une figure svelte et frêle était affalée sur le piano. Elle porta des pantalons beiges, un chemisier crème, et un gilet de laine gris. Sa tête resta immobile sur l’instrument et ses cheveux gris couvrirent le clavier noir et blanc. Son visage ridé sembla pâle et refroidi.  
« Qu’est-ce qu’on sait d’elle ? demanda Broussard avec une voix retentissante. 
   Madame Clave Villet de l’appartement 4A, annonça son assistant, Gérard Fournier. Cinquantaine. Pianiste dans l’Orchestre de Paris. Célibataire. Solitaire.
Broussard balaya du regard la pièce. Rien de suspect. Aucun signe de résistance ou d’effraction. L’appartement était complètement en ordre, sauf un verre de whisky marqué avec du rouge à lèvres qui était renversé sur le piano.
   C’est tout ? De la famille ? Des amis ? Des ennemis ? questionna Broussard.
   Oui, c’est tout ce que nous savons maintenant. J’ai interrogeai les voisins et ils me dirent qu’elle ne sembla pas d’avoir des amis ni des ennemis. Elle a apparemment de la famille à Lyon, mais elle n’était pas très proche d’eux. »
Broussard examina le corps – aucun signe de lutte physique. Elle tourna autour du salon, en fouillant chaque région avec un œil perçant. Elle se dirigea vers la salle de bains. Rien d’extraordinaire. Elle ouvra l’armoire à pharmacie. Une variété de médicaments et pilules colorés se bousculèrent chaque étagère. Le commissaire appela le médecin légiste pour le consulter. Il conclut que les médicaments étaient insignifiants, consistant en des sirops contre la toux, des pastilles contre la toux, d’ibuprofène, et des pilules pour l’hypertension artérielle. Broussard retourna dans le salon où Fournier prenait des notes.
« Il semble que ce soit une mort naturelle, annonça Fournier. Le labo me dit que c’était probablement à cause d’une crise cardiaque. Madame Villet avait de l’hypertension. Alors, nous terminerons maintenant.
   Peut-être, répondit Broussard avec l’hésitation. Je ne suis pas encore convaincu. »
La police commença de sortir de scène de tragédie et rentrer au commissariat. Ils firent des papiers et des autres modes d’exploitation normal pour les morts suspectes, confiant que les résultats du labo et de l’autopsie seront normals. Cependant, Broussard resta sceptique.
Deux jours passèrent et les résultats arrivèrent. Cause du décès : arsenic. Madame Clave Villet avait été empoisonnée. C’était le quatrième meurtre par arsenic ce mois-là. Cela n’aurait pas pu être une coïncidence. Pour le commissaire, Jacqueline Broussard, c’était clair :
« Nous avons un tueur en série en liberté. »


R2 - Anh Nguyen (Aina Abell)

R2 : Description de votre appartement
            Un spectacle immense et imposant, l’immeuble haussmannien de Quinze Rue Curial dans le dix-neuvième arrondissement de Paris loge plusieurs résidents. Une porte-cochère céruléen de hauteur se situe à l’extérieur du bâtiment. En l’entrant, on tombe sur un rez-de-chaussée caché à l’intérieur. Un lustre en cristal plane au cœur de l’espace, au-dessus du sol en marbre qui amplifie le claquement des talons et bruits de pas des habitants. Un escalier en colimaçon se trouve au coin de la pièce et serpente à travers les niveaux de l’immeuble. À côté, un ascenseur en fer forgé est placé pour transporter des gens à leur étage différent.
            L’ascenseur ouvre au couloir du deuxième étage. En tournant vers la gauche, les murs marron clair bordent le corridor où des portes vertes apparaissent une par une. On arrive au l’appartement 206 : le mien. La porte grince alors qu’il ouvre à un salon douillet, humble, et ouvert. À côté de l’entrée, un placard à chaussures blanc est mis. Au mur en face de l’entrée, une grande fenêtre, avec des rideaux fluides en or et entourés de fleurs et des plantes en pot, avive l’espace avec l’éclat du soleil pendant la journée. Les murs laiteux encerclent la pièce, décorés par un certain nombre de peintures et photos de ma famille et mon fils. Particulièrement, un grand tableau de la campagne de Vietnam, encadré en or et fixé fermement au mur attire le regard.  
Au-dessous, un sofa, le couleur du chocolat au lait, avec des coussins décoratifs blancs et bordeaux, est mise en vue directe de l’entrée, en m’invitant après une journée longue et fatigante de travail. À côté, un petit panier du chien en peluche blanc se trouve confortablement, entourés de jouets des chiens parsemés.  Devant le sofa, une télévision de taille modeste est placée sur une petite bibliothèque en bois, remplie tous les deux de livres et films vietnamien et français. Entre le sofa et la télé, une table basse de bois avec des dessous de verre et des magazines éparpillés se trouve sur un vieux tapis vietnamien qui couvre partiellement le parquet. Au coin du salon, une lampe illumine la pièce dans la nuit avec une lumière dorée.
La kitchenette se trouve contigu au salon. Une petite cuisinière et un four au gaz se situe dans le coin. À côté, une éponge et une petite bouteille de liquide vaisselle restent près d’un bloc-évier. Un petit réfrigérateur, décoré par des aimants colorés, rappels, et recettes, est adjacent, rempli d’ingrédients variés comme des légumes, fruits, poissons, fromage, lait, et les autres. Au-dessus de tout cela, des placards sont accrochés, approvisionnés avec des assiettes, tasses, casseroles, poêles, et un mélange des épices et sauces différentes. Une table de salle à manger circulaire et de taille modeste se situe à proximité, entouré de quatre chaises en bois.

Adjacent à la kitchenette, on peut trouver l’entrée de ma chambre. En ouvrant la porte, un lit de 160 moelleux avec un couvre-lit céruléen et blanc apparaît. Deux oreillers azurs et une courtepointe faite à la main restent sur le lit. Deux tables de nuit en bois sont placées sur les deux côtés du lit. Sur la droite, une lampe est mise près d’une horloge digitale noire. Sur la gauche, deux photos encadrées sont placées : l’une de moi, mon fils, et mon défunt mari au parc avec notre chien, et l’autre de moi avec mes parents et mon frère avant que je les aie perdus. Devant le lit, une tapisserie vietnamienne est accrochée au mur comme un rappel de mes racines. À la gauche de la pièce, un placard se trouve, plein de vêtements, chapeaux, manteaux, et bonnets. À la droite, une porte ouvre à la salle de bains. En l’entrant, on rencontre son reflet dans un petit miroir ovale accroché au-dessus d’un lavabo en marbre sur lequel un bocal rempli d’une brosse à dents et du dentifrice reste. Un petit tapis orange couvre le carrelage près d’une douche et baignoire qui se trouvent sur le côté, couvert par un rideau de douche fleuri. Entre la douche et le lavabo, une toilette reste, comme un trône en or pour une reine.

J8 - Anh Nguyen (Aina Abell)

J8 : Un petit incident dans l’immeuble
En sortant l’ascenseur avec la laisse rose de son chien en main, Madame Anh Nguyen entendit un mélange de voix. Curieuse, elle suivit le bruit et se retrouva à la porte ouverte de l’appartement 4C – celui de Madame Estelle Lestrange. Mme. Nguyen, motivé par sa curiosité, jeta un coup d’œil dans l’appartement. Des fragments en verres de la fenêtre brisée étaient éparpillés sur le parquet. Un vase cassé, remplie de lis, se trouve près de la table basse au cœur du salon. Des fragments des vaisselles en porcelaine, qui Mme. Lestrange adoraient, couvraient le sol. Des chaises en bois tombées, ainsi que des magazines, livres, et bibelots, étaient parsemées à travers de la pièce.
 Deux officiers de police, l’un une petite femme brune et l’autre un grand homme blond, se tenaient debout devant Mme. Lestrange qui était assis sur son sofa de cuir noir, tête en main. Elle semblait terrifiée et bouleversée, des marques de mascara coulant sur ses joues.
« Et vous ne savez pas qui aurait pu vous voler ? demanda le blond.
   Non, je ne sais personne qui me le ferait ! Mme. Lestrange répondit, sa voix tremblant mais indignée.
   Qu’est-ce qu’ils ont pris ? Manquez-vous quelque chose ? questionna la femme brune, en fouillant la pièce avec ses yeux.
   Je ne manque rien sauf une petite boîte à bijoux en acajou, répliqua-t-elle.
   Qu’y avait-il dedans ? interrogea le flic blond.
Madame Lestrange hésita de répondre. Elle baissa son regard, en évitant ceux des policiers.
   Qu’y avait-il dedans, hein ? pressa-t-il.
   Des lettres, révéla Mme. Lestrange avec un murmure.
   Des lettres ? De qui ? À qui ? demanda la brunette.
   Est-ce que c’est important ? », répondit Mme. Lestrange.
Soudainement, la laisse rose échappa des mains de Mme. Nguyen et son chien courut rapidement à l’intérieur de l’appartement.
« Milu ! Reviens ! » hurla Mme. Nguyen, mais le chien l’ignora. Il plongea vers la table basse, griffant et aboyant à son pied de bois.
« Pardonnez-moi. Je suis vraiment désolée pour mon chien », s’excusa Mme. Nguyen.
            En prenant son chien, Mme. Nguyen vit une feuille pliée au pied de la table. Elle la ramassa et la donna à Mme. Lestrange.
« C’est quoi, ça ? questionna la policière brune. Ça dit quoi ? »
Madame Lestrange lut la note, sa voix tremblant et remplie d’émotions :
Estelle,
Tu as volé mon cœur. Maintenant, je vole le tien. 
À toi, pour toujours,

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